TÉMOIGNAGES – Télétravail et détente : ces Français adeptes des « tracances »

Ne vous fiez pas aux apparences, Sandrine n’est pas en vacances. Contrôleur de gestion à Paris, elle profite de sa maison en Bretagne tout l’été, mais en télétravail. « Plutôt que faire la pause-café avec les collègues, là, c’est la pause goûter-jus de pomme avec mes enfant,s donc ça fait plaisir », sourit-elle. Huit heures par jour, elle remonte à son bureau, aménagé dans la salle de jeu, au dernier étage.

La famille réussit ainsi à passer plus d’un mois à 500 kilomètres de son bureau parisien et à cinq minutes de la plage. « Je vais être en vacances pendant quinze jours. Après, je vais pouvoir rester en télétravail pendant quinze jours à nouveau et ensuite dix jours de vacances », poursuit Sandrine. « Il ne faut pas la déranger parce que sinon elle s’énerve très vite », sourit à son tour son fils.

Cela porte un nom, venu du Canada : les tracances. Télétravailler sur son lieu de vacances. À peu près, 35% des Français s’apprêteraient à le faire cet été. Alexandre, chargé de mission à Paris, l’a même exigé au moment de son embauche il y a un an. « Si on m’avait proposé d’être totalement full time à Paris, du lundi au vendredi, j’adore mon emploi mais je n’aurais pas accepté », affirme-t-il. Il admet pourtant avoir parfois un peu de mal à se concentrer face à la mer. « Quand vous devez être totalement concentré, je sais qu’il faut que je me mette dans un cadre monacal », poursuit-il. Parce que s’il n’y a que la route à traverser pour aller se baigner, c’est bien trop tentant.

Si le bureau du futur ressemble à cela, certains hôteliers ont déjà pris le parti de s’adapter. Dans une résidence de vacances, un client sur dix, en moyenne, télétravaille. « Ici, c’est un espace transversal, donc c’est vrai qu’en mi-saison, on est dans un espace qui peut être un espace de travail donc on a mis des prises partout », montre la gérante d’un hôtel, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article.

À l’écart de la piscine, il y a des cabanes dans les bois, équipées d’une excellente connexion wifi et d’un jacuzzi. Une créatrice de bijoux en a fait son bureau pour une semaine. Comptez tout de même 1200 euros par semaine pour ce bureau de rêve, que Sandrine paie de sa poche. « Je ne pars pas forcément beaucoup en vacances parce que je travaille beaucoup, comme beaucoup de petites boîtes, et le simple fait de venir ici, pour moi me suffit et me ressource énormément », déclare-t-elle. Alors, les tracances, c’est tentant, mais cela reste le privilège de ceux qui peuvent travailler à distance, le plus souvent, les cadres.

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