Un tiers des dirigeants favorables au télétravail longue distance, selon une étude

Mais qui sont ces nouveaux télétravailleurs longue distance ? Leur sociologie a beaucoup changé avec la crise sanitaire. « Avant le Covid, ce n’était que des freelance et essentiellement des gens qui travaillent dans le métier de la tech, des développeurs pour prendre le plus courant, explique Damien Corchia. Depuis le Covid, ça a changé. Ce sont des métiers plus ‘normaux’, plus classiques. Ça peut être des gens en CDI, évidemment plutôt dans le tertiaire. En fait, pour faire simple, ce sont les métiers où les gens peuvent télétravailler depuis chez eux. »

Ces télétravailleurs de l’étranger ne partent pas s’installer ailleurs définitivement. Ils font plutôt des courts séjours de deux à trois mois. Où vont-ils ? Là aussi, il y a eu une évolution avec le Covid, révèle Damien Corchia. « C’est beaucoup le sud de l’Europe. Les précurseurs, la génération d’il y a cinq-six ans, avaient tendance à aller très loin, à Bali, en Thaïlande, en Amérique latine… La nouvelle génération qui est beaucoup plus nombreuse va beaucoup moins loin : en Espagne, au Portugal, en Italie, aux îles Canaries. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de décalage horaire. »

Attractivité contre défiance

Quels avantages a cette forme de télétravail pour les employeurs ? Les chefs d’entreprises, minoritaires on le rappelle, qui y sont favorables, y voient une source de motivation pour leurs salariés et pensent qu’en permettant cette forme de travail, ils rendront leur entreprise plus attractive.

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Sondage: le télétravail est là pour rester

Le rapport «Travaillons ensemble» du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) révèle la popularité grandissante du télétravail chez les jeunes travailleurs québécois, ainsi que ses faiblesses.

Sans diviser les travailleurs québécois, la question de la permanence du télétravail distingue ceux qui l’espèrent de ceux qui la redoutent.

Un sondage du RJCCQ et de Léger lève le voile sur le futur espéré par les jeunes professionnels dans leur milieu de travail.

Bien que l’initiative ait été instaurée dans un contexte pandémique éprouvant, la popularité du télétravail ne semble pas s’effriter avec le retour au bureau.

De fait, 66% des jeunes professionnels ayant travaillé en télétravail espèrent continuer à le faire à temps plein, selon le sondage, alors que 33% préféreraient un modèle hybride, soit un partage entre la maison et le bureau.

Les raisons invoquées sont celles de la conciliation vie-travail, celle «d’avoir plus de temps», et celle de l’économie faite en évitant de devoir se déplacer au bureau.

Lorsque vient le choix de choisir son employeur, les jeunes travailleurs considèrent à 53% que les conditions de travail, incluant le salaire et les avantages sociaux, constituent l’élément de recherche le plus important.

Bien qu’il soit acclamé de louange par certains, le télétravail n’est pas dépourvu de défaut aux yeux des répondants. En effet, 35% des nouveaux employés en bas de 35 ans interrogés estiment que l’intégration «plus difficile» représente le principal désavantage du télétravail, alors que 33% désignent «la difficulté à imposer ses propres limites quant aux heures travaillées» comme étant le principal ennui.

Le bureau aiderait d’ailleurs 43% des répondants de 16-24 ans à améliorer leur productivité, leur bien-être et leur capacité «d’intégration au marché du travail».
Le manque de contact réel, occasionné par le télétravail, peut engendrer une carence de contact social chez certains jeunes, selon le RJCCQ.
Ainsi, la santé mentale de 42 % des jeunes de 16 à 35 ans ne se serait pas améliorée depuis la période pandémique. Le portrait est moins morne du côté des 36 à 64 ans qui estiment à 58% que leur santé mentale a repris du poil de la bête.

«C’est assez inquiétant, il semblerait vraiment que ça soit une conséquence de la pandémie, des confinements et de la perte de la vie sociale pour ceux qui étaient aux études», a déploré Pierre Graff, président-directeur général du RJCCQ, en entrevue avec l’Agence QMI.

De ce fait, 30% des jeunes travailleurs en bas de 35 ans jugent insuffisantes «les mesures prises par leur employeur pour favoriser leur santé mentale», soit l’accès au soutien psychologique, les consultations thérapeutiques et la possibilité d’entretenir un dialogue ouvert à ce sujet.

«Il y a cinquante ans, il n’y avait pas assez d’emplois disponibles pour toutes les personnes sur le marché du travail. Aujourd’hui on a un déséquilibre inverse. […]

Donc forcément ça apporte une situation de confort qui se reflète dans la statistique que 62% des jeunes professionnels priorisent leur vie personnelle au travail» a expliqué M. Graff, lorsque demandé si le profil du travailleur contemporain a drastiquement changé depuis 50 ans.
Au moins 600 répondants issus du marché du travail de 16 à 35 ans ont été sondés sur leurs préférences en matière de conditions de travail, selon le communiqué.
Le RJCCQ a mené trois sondages depuis 2021, avec l’aide de Léger, afin de dresser «un portrait global des intérêts et des besoins des jeunes en ce qui a trait aux conditions de travail».

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Près d’une TPE-PME sur deux a désormais recours au télétravail

Selon une enquête de Bpifrance, la quasi moitié des TPE-PME françaises proposeraient à leurs salariés de télétravailler. Jusqu’ici minoritaire dans ce type d’entreprises, le travail à distance a su convaincre leurs dirigeants et salariés, en particulier dans les services.

Très peu accordé avant la crise sanitaire, le télétravail a considérablement augmenté chez les petites et moyennes entreprises françaises, selon une enquête semestrielle publiée hier par Bpifrance, qui a sondé 2.913 dirigeants.
Désormais, 46 % des TPE-PME autorisent le travail distance, contre seulement 27 % avant la crise sanitaire, selon la banque publique. La durée hebdomadaire de télétravail s’est aussi prolongée : avant le Covid-19, les salariés de ces structures bénéficiaient en moyenne de 0,75 jour par semaine, contre 1,3 jour aujourd’hui.

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Près de la moitié des TPE-PME autorise le télétravail

Mode de travail privilégié au cœur de la crise du Covid-19, le télétravail s’est largement imposé dans de nombreuses entreprises depuis 2020. Dans une nouvelle étude, Bpifrance relève notamment que près d’une TPE-PME sur deux autoriserait désormais la pratique, à des degrés divers selon le secteur d’activité ou la taille de l’entreprise.

Le télétravail sort renforcé de la crise sanitaire liée au Covid-19. C’est ce que pointe une étude réalisée par Bpifrance* et dont Maddyness publie les résultats en exclusivité ce jeudi 1er septembre 2022. La banque publique d’investissement, qui a sondé 2 913 dirigeants de très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME), relève qu’à la « fin 2021, 46 % déclaraient autoriser le télétravail, contre 27 % seulement avant le début de la crise ». Sabrina El Kasmi, qui a co-rédigé ce rapport avec Baptiste Thornary – tous deux travaillent au sein de la direction des études de Bpifrance –, pointe une « explosion du recours à la pratique » , avec une hausse de 19 points en deux ans. Plus intéressant : non seulement le télétravail s’est diffusé dans ces entreprises, mais il s’est aussi consolidé. 38 % des dirigeants sondés ont augmenté le nombre de jours accordés par rapport à la situation avant crise, la moyenne étant passée de 0,75 à 1,3 jour par semaine.

Avant la crise, l’Île-de-France était de loin la région la plus concernée par le télétravail. Ce qui est, d’après Sabrina El Kasmi, probablement imputable au fait qu’elle « concentre une part plus élevée de travailleurs qualifiés, dont les postes sont davantage compatibles avec la pratique, et que les temps de trajets domicile-travail y sont plus importants ». Début 2020, les sociétés franciliennes étaient 1,4 fois plus susceptibles de proposer le télétravail que les autres. Ce qui explique qu’elles aient mieux réagi dans l’urgence lorsque c’était nécessaire… et qu’elles sont, pour la plupart, prêtes à accroître le recours au télétravail à long terme. « Elles ont 2,3 fois plus de chances de pérenniser les acquis de la crise en la matière que les entreprises d’autres régions » , indique Sabrina El Kasmi, qui met en exergue le fait que près des trois quarts (74 %) des dirigeants sondés entendent maintenir « au moins partiellement le surplus de jours de télétravail autorisé depuis la crise sanitaire ».

À noter qu’au sein de la population sondée, le télétravail s’est davantage développé dans les entreprises de taille conséquente. « Plus elle est grande, plus il est probable qu’elle le propose à ses salariés. Ce n’était pas aussi marqué avant la crise, relève ainsi Sabrina El Kasmi, qui note aussi que certains secteurs sont, en toute logique, plus susceptibles d’y avoir recours. Les services ont, aujourd’hui, cinq fois plus de chances d’en accorder. A contrario, des tâches propres à l’industrie rendent la pratique incompatible avec certains postes. » Une probabilité bien supérieure à ce qui était observé avant la crise sanitaire, dont le rôle dans l’accentuation du travail à distance dans les services ne fait pas l’ombre d’un doute. Les TPE-PME de ce secteur ont d’ailleurs, selon l’étude, « environ deux fois plus de chances de pérenniser au moins partiellement le surplus de jours de télétravail autorisés [depuis l’apparition du Covid-19, N.D.L.R.] que leurs homologues industrielles ».

Bpifrance a, par ailleurs, demandé aux dirigeants sondés d’évaluer l’impact du télétravail sur la productivité des salariés. 52 % d’entre eux estiment que les salariés sont tout autant productifs lorsqu’ils travaillent depuis chez eux que lorsqu’ils sont sur site. 7 % les jugent même plus productifs. « En général, ils constatent que la pratique n’affecte pas les résultats de leur entreprise » , expose Sabrina El Kasmi, qui ajoute que « ceux qui y avaient recours avant même la crise jugent d’autant plus positivement la pratique, sans doute du fait que les procédures et outils sont en place de longue date ». La co-autrice de l’étude insiste sur le fait que les entreprises ayant instauré le télétravail « dans la précipitation » en 2020 n’ont qu’un « jugement limité » quant aux effets sur leur activité. S’appuyant sur une autre étude, publiée par la fondation Jean Jaurès début janvier 2022, l’experte note que 66 % des Français n’auraient jamais télétravaillé en 2021. Une proportion qui reste bien plus élevée que dans les autres grandes économies européennes, en particulier l’Allemagne (39 %).

* Bpifrance a sondé quelque 2 913 dirigeants de tous les secteurs marchands non agricoles, en marge de la 74e édition de son enquête semestrielle de conjoncture, intitulée Bpifrance Le Lab. Réalisée entre le 15 et le 29 novembre 2021, l’étude concerne des TPE et PME affichant de 1 à 249 salariés et réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros. Les résultats ont été redressés par taille d’effectif et secteur d’activité, afin de représenter au mieux la population cible.
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Télétravail : les salariés européens deviennent plus sceptiques

Selon une étude d’Allianz Trade, la proportion de salariés italiens et allemands désirant télétravailler est en recul par rapport à l’an dernier. Le nombre de ceux qui mettent en avant les inconvénients liés au travail à domicile est en forte hausse.

Les salariés seraient-ils en train de se lasser du télétravail ? Un peu plus de deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, la question se pose clairement. Une étude d’Allianz Trade, réalisée auprès de 1.000 salariés de France, d’Allemagne et d’Italie vient donner quelques éléments de réponse.

La proportion de salariés allemands désireux de travailler principalement depuis leur domicile s’est réduite en un an, de 25 % à 20 % des personnes interrogées. La chute est moins forte en Italie. Les Français, eux, sont un peu plus nombreux à vouloir télétravailler beaucoup, la proportion passant de 10 % dans l’enquête réalisée l’an passé à 12 % cette année.

Les salariés y voient encore des avantages qui n’ont pas fondamentalement changé. Les répondants citent majoritairement la suppression des trajets domicile-travail, la flexibilité horaire et la réduction de leurs coûts de transport.
En revanche, beaucoup d’entre eux reconnaissent aussi que le travail à distance n’est pas sans défis. « Deux ans d’expérience de télétravail ont fait prendre conscience aux gens des inconvénients », selon Patricia Pelayo Romero, économiste chez Allianz Trade et auteur de l’étude. Ainsi, la proportion de personnes mettant en avant plusieurs problèmes liés au télétravail a fortement augmenté. L’absence de contacts est vécue comme une difficulté par 28 % des gens, soit deux fois plus que l’an passé.

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Télétravail : les sujets qui fâchent

Le flou de la frontière entre vie privée et vie professionnelle est aussi mal ressenti par 18 % des salariés interrogés, un chiffre là encore deux fois plus élevé qu’il y a un an.
De même, l’inadaptation de l’espace de travail, ou encore le fait de devoir jongler en permanence entre activités domestiques et responsabilités professionnelles sont cités par environ 19 % des répondants cette année comme étant un problème, alors qu’ils n’étaient que 9 % à les mettre en avant en 2021. Bref, il semble bien que le télétravail soit moins bien vécu par de plus en plus de gens.

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Télétravail : demain, des entreprises « désagrégées » ?

« Tandis que la fin des trajets quotidiens soulage les travailleurs d’un fardeau, la réduction des contacts sociaux au bureau peut entraîner de moindres promotions et une perte d’apprentissage, créant des inégalités » entre ceux qui travaillent à domicile et ceux qui sont sur leur lieu de travail, considère encore l’étude.

C’est aussi ce que met en avant une autre enquête réalisée, celle-ci en Allemagne, par l’institut IFO et l’agence d’intérim Randstad : 95 % des entreprises de plus de 500 salariés offrent la possibilité de télétravailler, tandis que ce n’est le cas que de 46 % des petites et moyennes entreprises outre-Rhin.
Avec un constat : « la majorité des entreprises ne prennent aucune mesure particulière pour soutenir les employés ou réduire les coûts d’exploitation » en cas de télétravail.

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Emploi : Comment le télétravail est devenu indispensable pour attirer les jeunes travailleurs ?

Le télétravail, un critère essentiel pour attirer les jeunes travailleurs ?

Plus de la moitié des 18-24 ans seraient prêts à démissionner si leur travail nécessitait une présence au bureau à 100 %.
Eviter les temps de trajet, faire la vaisselle en même temps que sa réunion, être libre de bosser au rythme que l’on veut… Pour la majorité des salariés, un peu de télétravail ici et là est une pratique incontestablement cool.

Mais la donne est en train d’évoluer vers quelque chose de plus grand encore. Selon le rapport «  People at Work 2022 : l’étude Workforce View »*, plus de la moitié (53 %) des 18-24 ans en France envisagerait de quitter leur entreprise si leur employeur leur imposait 100 % de présentiel. Et tous âges confondus, 36 % des répondants seraient prêts à claquer la porte s’il était impossible de télétravailler.

En un peu plus de deux ans, depuis son avènement à marche forcée en mars 2020 avec le premier confinement lié au Covid-19, le télétravail est donc passé de la découverte pour de nombreux employés à un critère nécessaire pour embaucher un travailleur. Caroline Diard, enseignante-chercheuse en management des Ressources humaines et droit à l’ESC Amiens, s’est penchée sur cette évolution aussi extrême qu’express : « Le télétravail est devenu la norme, voire un prérequis indispensable. En ce moment, avec la crise de recrutement dans plusieurs secteurs, les jeunes savent qu’ils sont plus à même d’imposer leurs conditions, et le télétravail en fait partie ». Marina, 23 ans qui a répondu à notre appel à témoignages, estime en effet qu’« il n’est plus question de travailler sur site cinq jours consécutifs. Le critère télétravail passe avant le critère salaire. »
Mais qu’est ce qui la séduit tant dans le fait de bosser chez elle ? La jeune femme a plusieurs arguments : « C’est un confort de vie, permettant de trouver un équilibre personnel. Je me sens également moins sous pression, je prends plus facilement le temps, là où en présentiel, je me dépêche de terminer pour partir à l’heure afin de faire toutes les tâches qui m’attendent à la maison… . J’économise énormément en charge mentale et financièrement au niveau du trajet. » Amira, 23 ans, résume sobrement : « Le télétravail permet de gérer vie professionnelle et vie personnelle, et travailler seule est mieux pour ma part ».

Et voilà que Caroline Diard arrive avec une nouvelle vague d’atouts : « Le télétravail permet d’avoir moins de distraction de la part des collègues ou de la vie d’entreprise, et donc de mieux se concentrer sur les dossiers de fonds. En maximisant l’efficacité et en supprimant la durée dans les transports, il offre plus de temps aux loisirs ». Si elle ne jure ne pas vouloir « faire sa boomeuse », l’experte ne peut s’empêcher de constater : « Il y a moins d’importance accordée au travail chez les jeunes que pour les précédentes générations. Le gain de temps leur est donc d’autant plus important. »

Pour Agnès Duroni, spécialiste des questions liées au futur du travail, « le coronavirus a brisé le plafond de verre du télétravail, offrant bien plus de liberté aux salariés. Et quand on a goûté à la liberté, c’est dur d’y renoncer. » Pour certains employeurs qui craignaient ce système comme le grand méchant loup, les confinements a prouvé que oui, les salariés – la plupart, en tout cas – travaillent correctement à distance.

Sophie Prunier-Poulmaire, maîtresse de conférences en psychologie du travail et ergonomie à l’Université Paris Nanterre, perce le mystère à l’envers : si le télétravail est devenu si indispensable à l’heure de postuler à un emploi, c’est avant tout parce que le présentiel a perdu de sa saveur. Notamment avec le flex-office, envisagée par 55 % des entreprises en 2021, selon une étude**. « Le salarié a perdu son territoire fixe, son espace spécifique, ses mêmes collègues et ses habitudes », note la chercheuse. Le télétravail aurait aussi tendance à s’auto-alimenter : « Plus il y a de travailleurs restant à domicile, moins le présentiel offre d’intérêts et de valeur à ceux qui y vont, plus ces personnes sur place auront tendance à télétravailler », et cetera, et cetera.

Le présentiel dispose pourtant d’incontestables avantages : collectif, distinction plus marquée entre vie personnelle et travail, dialogue, échange et prise de conseil facilité… Des atouts qui, pour la plupart, diminuent avec la réduction d’effectifs liée au flex-office et… au télétravail. Conséquence pour Marc, 25 ans et travaillant dans l’informatique : le bureau ne semble plus présenter d’avantages face au domicile : « Tout ce que je fais en présentiel peut être fait à distance. Ça n’a donc aucun sens de perdre du temps dans les transports juste pour satisfaire l’occupation d’un bureau. Tout le monde y gagne : je travaille plus et mieux. Je suis moins stressé, et écologiquement, c’est juste une évidence ».
Un sentiment que développe Agnès Duroni : « Aujourd’hui, les jeunes ne veulent plus faire de présentisme. Il faut que la venue en entreprise ait un sens, une valeur ajoutée. Et le problème, c’est que le présentiel perd de son intérêt au fil des années, au lieu d’en gagner ».

Caroline Diard confirme ce désamour grandissant entre les jeunes et le présentiel : « Les entreprises doivent comprendre qu’aujourd’hui, le télétravail est une nécessité pour recruter, et qu’au même titre qu’un bas salaire, un 100 % présentiel est un critère de refus. » Même analyse chez Sophie Prunier-Poulmaire : « Il suffit de voir la crise du recrutement actuelle : restauration, hôtellerie, service… Que des métiers où le télétravail est impossible. On parle beaucoup de la question du revenu, mais cette absence joue aussi. »

Les jeunes sont, dans l’étude citée plus haut, la catégorie d’âge la plus favorable au télétravail. Un paradoxe sachant qu’ils sont ceux ayant éprouvé le moins longtemps le marché de l’emploi. Pas vraiment, défend Caroline Diard, définitivement pas une boomeuse : « C’est une génération éprouvée à la technologie, qui a suivi de nombreux cours et formations en distanciel lors des épisodes de coronavirus. Quelque part, elle a déjà vécu le pire du distanciel avec les cours, c’est normal qu’elle souhaite aussi en avoir les avantages. Lors d’alternance et de stages, le présentiel est souvent imposé, ce qui est déjà ressenti comme une injustice. »
Reste que si le télétravail est demandé par de nombreux employés, « ils préfèrent généralement deux, trois jours par semaine, et non à 100 %. La venue au bureau, la présence physique des gens, la sortie de chez soi restent des points vitaux pour les salariés », nuance Sophie Prunier-Poulmaire. Le monde de l’emploi découvre lui aussi son en-même-temps : télétravail obligatoire, présentiel indispensable.

* ADP Research Institute a interrogé 32.924 actifs dans 17 pays entre le 1er et le 24 novembre 2021, dont 1.951 en France.
** Etude menée auprès de 3.978 personnes (41 % d’employés, 37 % de managers et 22 % de dirigeants) en France, sur la période du 2 au 22 février 2021, par Deskeo, une société qui gère des bureaux flexibles.

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