Télétravail : 3 bonnes raisons de déconnecter… et comment y arriver

Qui n’a jamais consulté ses mails en vacances, le soir après le travail ou le week-end à l’heure de l’apéro ? La connexion permanente à l’entreprise est un phénomène largement documenté. Mais ce syndrome de la sursollicitation est d’autant plus fort que le lien à l’entreprise se distend : plus on est loin de l’entreprise, plus on ressent le besoin de se connecter à elle. Curieux ? Pas vraiment. “C’est le fameux syndrome du Fomo, le fear of missing out ou, en français, la peur de manquer quelque chose, qui est particulièrement ressentie chez les télétravailleurs”, explique Bertrand Le Ficher, consultant chez Oasys.

“Les outils numériques favorisent l’attention permanente, rappelle l’expert. Pour peu qu’en plus on travaille sous pression, dans une entreprise en transformation, ou que l’on ait un sentiment de responsabilité parce qu’on manage une équipe, la sollicitation devient difficile à maîtriser.” L’une des principales difficultés à déconnecter, pour un manager en télétravail, c’est ainsi d’accepter de ne pas être au courant de tout. “L’information doit être dispatchée au sein de l’équipe, c’est le sens même de la délégation et du partage des responsabilités”, note l’expert.
Une fois cet état d’esprit acquis, le reste n’est qu’affaire d’organisation. “Il suffit de planifier des bulles de déconnexion, de les inscrire à son agenda et de s’y tenir”, insiste Bertrand Le Ficher. Pas besoin d’en faire des kilotonnes : cinq à quinze minutes suffisent. L’essentiel est que ces bulles soient planifiées, éventuellement inscrites à l’agenda partagé : par exemple, deux fois quinze minutes dans la semaine, sur son temps de travail. Le week-end et le soir, c’est différent : seule votre discipline personnelle, ou les nécessités vraiment impérieuses de votre entreprise, doivent guider vos choix… tout en sachant que vous n’avez aucune obligation envers votre boîte le week-end.

Le consultant distingue trois raisons vraiment importantes de respecter ces moments de déconnexion. D’abord, prendre du recul sur son travail. “C’est indispensable pour aborder une situation avec un œil neuf et renforcer son approche créative. C’est ce qu’on appelle une approche méta : vois les choses sous un autre angle.” Ensuite, faire le vide : penser à autre chose, se détendre, tout simplement, profiter de ce temps pour marcher ou respirer, bref, relâcher la pression. “C’est une façon de faire émerger son intelligence émotionnelle, d’apprendre à être à l’écoute, de soi-même d’abord, puis des autres. On enrichit ainsi sa pratique managériale.”

Et enfin : faire le plein ! “Les bulles de déconnexion sont aussi le moment de se montrer curieux, de s’ouvrir à son environnement, de lire un livre ou de s’intéresser à autre chose qu’à son travail et de nourrir sa réflexion, note le consultant. C’est ainsi que l’on donne du sens à son action.”

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