Roadmap

Points d’étape du projet associatif

Janvier 2023

J’ai eu Delphine, future adhérente de l’association AMT, à qui j’ai confié mes hésitations. Cela n’est jamais facile d’avancer dans le vide, d’entreprendre sans un modèle apparent.

Nous sommes en phase de lancement et j’avoue qu’on peut s’y perdre un peu, elle m’a donc demandé de résumer les changements pour 2023.

J’ai pitché de cette façon :

“Nous proposons des services pour les télétravailleurs indépendants.
Notamment une banque de mission ouverte et solidaire.
Pour 2023, l’adhésion est fixée à 5 EUR et limitée à 120 personnes”.

Ensuite Delphine, m’a très joliment rappelé que “La peur n’évite pas le danger, elle est donc inutile“.

Je garde cette “information” pour un prochain billet…

Est-ce que ce résumé suffit ?

Pas pour moi. Je vais faire une présentation concise (slide ou vidéo), car comme tout le monde, j’ai perdu la volonté de lire sur le web. Même dans le cadre d’un achat… Disons que nous sommes tous des victimes du “One Click“, cette stratégie qui a fait la fortune de Jeff Bezos, patron d’Amazon :  (on trouve d’ailleurs un livre à ce sujet, sur… devinez où ?)

Voici donc quelques notes supplémentaires. Sachant que je vais améliorer ce billet en discutant avec plusieurs Cyberworkers, des apprenants et les candidats à l’adhésion.

Ce dont je suis certain 🙂

Nous sommes une association à but non lucratif !

À l’inverse de la SARL Cyberworkers.com, que j’ai créée en 2000, je souhaite que ce projet soit associatif. J’ai déjà développé plusieurs associations dont CVStreet, nous éviterons les pièges.

En tout cas, comme je le disais dans mon billet sur la genèse du projet, les statuts rédigés en 2002 décrivent le projet actuel. Étonnant, non ?

Ce dont je suis absolument certain ; ce projet sera collectif et hors de question de me mettre en avant. Je ne peux plus entreprendre seul, j’y perdrais beaucoup et j’ai déjà donné.

L’AMT va récupérer de nombreuses idées et travaux que j’ai réalisés depuis 96. Notamment le site cyberworkers.com et la page Télétravail sur Facebook. Et bientôt, je prévois de lancer teletravailleurs.com, qui sera la vitrine du projet “Les Compagnons du Télétravail“.

Cela veut dire quoi AMT ?

AMT est notre sigle ! Le nom déposé en 2002 est “Association Euro-méditerranéenne du Télétravail (Sigle : AMT)”. Un peu long… par contre j’ai déposé cette année le nom de domaine amteletravail.fr que je trouvais joli. Je souhaiterais avoir teletravail.fr ou teletravail.com mais ils sont pris !

Pour teletravail.com, c’est une personne qui habite à la frontière espagnole et qui squatte le nom de domaine depuis 1996.

Nom de domaine teletravail.com

Depuis 1996 cette personne attend qu’on lui fasse une offre : quel gâchis !

 

Pour teletravail.fr, c’est un confrère depuis de nombreuses années. J’ai toujours eu de bons échos sur Matthieu Billette de Villemeur.

Dispositif de formation

En plus de la réalisation de bilans de compétences et de nos actions de formation continue, nous créerons un titre professionnel et un dispositif pédagogique adapté aux télétravailleuses et télétravailleurs indépendants.

Avec Les Compagnons du Télétravail nous souhaitons proposer un système d’apprentissage compagnonnique, comme les Compagnons du Devoir ou les compagnons Emmaüs. Concept : “je te forme, tu formes à ton tour“.

Modèle économique

Nous limitons le nombre d’adhésion à 120 personnes pour 2023.

Rappel : Chaque prestataire rattaché au FIF-PL, dispose de 750 EUR de budget annuel de formation, qu’il est contribué ou non. Voir cette page.

Nous pourrions donc prévoir 90 K€ de recettes annuelles (750 EUR x 90 formations), ce qui nous permettra de financer notre développement (car nous ne souhaitons pas avoir un modèle axé uniquement sur le bénévolat).

En attendant, nous sommes actuellement 2 permanents : moi et Patrick. Plus les membres du bureau et des intervenants ponctuels.

J’ai aussi lancé un appel à participation pour pouvoir identifier d’autres intervenants ponctuels et les futures recrues.

Création d’un système d’échange et d’entraide distanciel (SEED)

Nous allons mettre en œuvre un système d’échange local (SEL).

Connaissez-vous les SEL ? Cela existe depuis 1930… Voici une image que j’ai trouvée sur Wikipédia et qui illustre le principe :

Système d'échange local
Les échanges locaux se font à l’aide d’une unité. Généralement, une unité équivaut à une minute.

Voir aussi : 

Notre unité d’échange sera le “TS” (pour téléservices).

Exemples d’utilisation des TS

  • 1 mission apportée (issue de sa prospection) = 5 TS
  • 1 prestation de 3 heures pour un autre adhérent de l’asso (mécénat de compétence) = 5 TS

Voir les contreparties, telles qu’exposées sur la page Banque de missions ouverte et solidaire. Je pense que cela peut tout à fait être compatible. De plus des plug-ins WordPress savent très bien faire cela, comme MyCred ou GamiPress, voir cette page qui fait un comparatif des solutions de Gamification.

Règles du SEED

Une fois que nous aurons choisi notre unité d’échange, nous devrons définir des règles pour éviter tout débordement. :

  • Dès l’adhésion, la personne a 5 TS.
  • Pour chaque contrepartie effectuée, une évaluation est donnée (soit par un membre, soit par un personnel de l’association)
  • Système basé uniquement sur les jetons, pas d’échange d’argent.

Des règles et contraintes seront définies lors d’une prochaine réunion du collectif. Nous devons absolument éviter une chose : “je donne et je ne reçois rien”, ainsi que tous les comportements toxiques et autres tricheries.

Delphine m’en parlait et je ne vais pas citer de nom, mais par exemple certains diffusent des fausses offres de mission et/ou font faire des tests gratuits pour avoir des prestations à l’œil.

Ce que nous ne sommes pas

Question d’un futur formateur

Nous allons démarrer prochainement les formations “Devenir téléformateur”. A cette occasion, une personne m’a demandé :

“Quelle est la différence entre consultant et formateur ?”

Pour répondre, j’évoque la société de l’information dans laquelle nous vivons et comment chacun prend sa place.

  • Apprenant : reçoit des informations afin d’acquérir un savoir-faire, puis une compétence, puis un bloc de compétences et enfin un diplôme !
  • Internaute : reçoit et transmet des informations (souvent relaie une opinion)
  • Bloggeur : créée des informations (didactiques, subjectives ou pour vendre quelque chose implicitement)
  • Influenceur : donne des informations qui peuvent se révéler fausses (voir le drama “Margali Berdah et le CPF“).
  • Journaliste : vérifie ses informations avant de publier et en principe reste neutre (respect de la charte de Munich), sauf à vouloir faire de l’éditorial.
  • Consultant : commercialise des informations (obligation de moyens et non forcément de résultats)
  • Formateur : transmet des informations, si possible objectives, pour que le destinataire acquiert une ou des compétences
  • Prestataire : ne donne pas la totalité des informations (c’est son fonds de commerce) et exécute le travail ! (enfin cela dépend la façon de travailler)

La grande différence entre un consultant et un formateur : nous donnons les clés, mais n’ouvrons jamais la porte à la place de l’apprenant.

Concernant les influenceurs et les formations magiques : il est facile de manipuler une audience en vendant du rêve et ceci uniquement pour ses intérêts.

Pour revenir sur la responsabilité de chacun, quand on regarde la dernière campagne de la fondation Abbé Pierre, on constate qu’il existe d’autres façons de faire passer des messages. Ceci dans le fond et la forme.

Nous aiderons ceux qui le veulent

C’est ainsi que l’AMT ne pourra jamais réaliser de prestations sans une volonté d’amélioration des compétences et de formation continue des personnes.

Ce qui est motivant : plus je discute avec les Cyberworkers, les personnes formées, mes contacts LinkedIN et ceux qui veulent rejoindre ce projet, plus je m’adapte.

Plus je comprends que nous devrons appliquer une rigueur et un formalisme dignes des grandes associations mais aussi penser à soi, à nous et s’amuser à co-construire ce dispositif.

Nous ne sommes pas éternels, et faisons tout cela avec plaisir et bienveillance (beurk ce mot est trop galvaudé) afin de transmettre ce que nous avons de meilleur en nous.

Si j’avais voulu gagner de l’argent, je me serais lancé dans l’intérim, mais alors quelle tristesse de devoir exploiter la précarité professionnelle ! Je ne parle pas dans ce billet du chômage, je considère comme d’autres que c’est une chance.

Qui suis-je pour critiquer ceux qui ont besoin d’aide ? Je voudrais simplement dispenser ce qui m’a été proposé. Et pendant des années j’ai dit du mal de Pôle Emploi, alors que nous avons des conseillers extras !

Pour finir, voici pour une boutade, et si vous m’avez lu jusqu’au bout, vous comprendrez ce que je veux dire…

Mise à jour au 24 janvier 2023

Depuis le 7 janvier nous avons enregistré 102 adhésions, il reste donc 18. Cette information se met à jour dynamiquement (j’ai créé un compteur et l’insère à plusieurs endroits de nos sites, c’est motivant).

De fait, j’ai mis à jour la feuille de route concernant la mise en place du SEED , car je ne m’attendais pas à un tel succès.

Création d’un compte sécurisé pour les adhérents

  • Création de compte Google Workplace pour l’ensemble des adhérents
  • Les comptes Google permettront un accès sécurisé à l’extranet des membres
  • A chacun d’utiliser des outils performants comme la mise à disposition de son agenda (très utile pour vos clients et prospects), un Drive pour le groupe, Classroom pour l’apprentissage et Google Meeting pour nous réunir.

Création d’un extranet

  • Cet extranet, utilisera GamiPress ou MyCred et sera les fondations du SEED.
  • En attendant l’Extranet devra permettre à chacun de se présenter, de créer un flux d’actualités, d’échanger sur un forum et d’accéder aux premiers services, dont la banque de missions (ouverte et solidaire).

En attendant, pour ceux qui veulent avoir des coordonnées des prospects de la banque de missions (avec le logiciel actuel sur Cyberworkers.com) merci de me contacter en prenant RDV ou sur mon portable (WhatsApp ou SMS) : 06 37 93 12 82.

Mise à jour au 26 mars 2023

Il s’est passé de nombreuses choses depuis janvier, date de création de ce billet.

La première est que nous confirmons la pertinence de notre modèle, vu le résultat de la campagne d’adhésion.

Le parcours des futurs compagnons du télétravail

Suite aux accompagnements effectués depuis janvier, il est confirmé les points suivants :

  • Tous les membres doivent faire l’objet d’un entretien préalable, d’un accompagnement et d’un suivi tout au long de leur adhésion.
  • Une fois leurs compétences acquises et la méthode du collectif intégrée, chacun doit se positionner sur des projets provenant de la banque de missions, ceci en mode “travail coopératif” (3 répondants au maximum, réponse groupée) ou en mode “comparatif” (3 propositions pour que le prospect puisse choisir en toute transparence avec qui il souhaite travailler).
  • Certains membres sont invités à coproduire des méthodes, telle que la Charte du SEED, en participant au Groupe de Travail créé pour l’occasion.
  • D’autres, et en tant que volontaires, participent à la réalisation de la feuille de route, et apportent leur pierre à l’édifice à des projets aussi ambitieux que nécessaire. Exemple : l’Université Ouverte et à Distance du Télétravail (francophone) qui vise à former le plus grand nombre.
  • Car certains ont cette volonté après avoir été formés : devenir formateur à son tour, ceci dans la logique de transmission qui nous est propre et dans le cadre d la création de notre label qualité “Les compagnons du télétravail”
  • Qu’à terme, de ces méthodes de travail que nous mettons au point, des compétences acquises collectivement, des expériences “clients”, nous créions notre propre diplôme, inscrit au Registre Spécifique.

Pourquoi la formation et l’humain sont au cœur de notre projet ?

Certains pensent que j’ai mis au point un système de vente déguisée qui consisterait à dire que “La banque de missions” est un appât, et vous êtes obligé de vous former pour y accéder : quelle horreur !

Le point commun de ces personnes : ils ont lu en diagonale, puis ont adhéré à notre association. Ils ne souhaitent pas se remettre en question concernant leurs compétences. Ils pensent que nous proposons une sorte de Tinder du télétravail ou il s’agirait d’obtenir une mission en 3 clics…

Ce que je souhaite dire aux sceptiques et aux pressés

Bien entendu, nous allons rembourser les 5 euros relatifs à l’adhésion, ce qui laissera la place à ceux qui veulent être aidés et qui ont compris notre projet.

Mais selon moi, certaines de ces personnes “pressées” doivent être traitées avec beaucoup d’attention et je souhaite que les choses soient claires.

Je tente de contacter certains, mais les personnes se sentant coupables d’avoir fait une erreur en adhérant trop vite, ne répondent plus (ni par téléphone, ni par SMS, ni par email).

Je le sais, étant passé par là – une sorte de phase de déni “Je sais tout, je suis le plus fort – j’ai créé Cyberworkers.com, CVStreet – je n’ai besoin de personne en Harley Davidson…“.

Je sais qu’il faut du courage, lorsqu’on est adulte, pour se former, faire un bilan de compétences, se remettre en question, etc…

Voici ce que je pourrais leur dire :

  • Chaque travailleur indépendant, basé en France, est susceptible d’obtenir une prise en charge de ses formations, donc un reste à payer de zéro EUR. Ceci via les fonds d’assurance formation : FIF-PL et AGEFICE.
  • Nous aidons les candidats à la formation dans la réalisation de leur dossier de prise en charge et ceci gratuitement.
  • Nous sommes libres d’accepter ou de refuser une adhésion et que nous remboursons toute personne qui le demande par courriel, téléphone, SMS, etc.
  • Nos valeurs sont clairement exposées : il s’agit de créer un espace de confiance et de loyauté entre télétravailleurs et téléformateurs. Ceci non uniquement pour développer du business, mais pour créer ce qui n’existe pas.
  • Il n’existe pas d’équivalents à ce que nous sommes en train de créer et de développer : un collectif de télétravailleurs indépendants regroupant 120 personnes (pour 2023) et utilisant des outils tels que Google Workspace pour coopérer.
  • Le SEED est un dispositif en cours de développement et en l’attente, comme des artisans que nous sommes, nous faisons le maximum pour donner toutes les informations concernant nos prospects, mettre au point les propositions de chacun, leur grille tarifaire, leurs documents de communication.
  • Le fait de créer un Extranet où tout est transparent et accessible à une contrepartie, nous ne pouvons pas nous permettre que des personnes mal intentionnées ou non formées ou “touristes” y accèdent sans un minimum d’information au préalable.
  • Nous mettons à jour la liste des sites proposant du télétravail et celle des arnaques au télétravail et à la formation. Ceci pour les personnes ne souhaitant pas rejoindre un projet associatif, générer des revenus complémentaires en travaillant le week-end.

L’amour du travail et du travail bien fait

Je discutais avec une nouvelle personne qui vient d’adhérer, je lui ai demandé ceci :

“Selon vous, comment pourrait-on qualifier les dispositifs tels que les Compagnons du Devoir ?”

Sa réponse a été courte et simple : “l’amour du travail et du travail bien fait“.

Derrière ces quelques mots, j’ai compris que nous étions sur le bon chemin.

Rani, qui est membre, me disait “Mais c’est pharaonique ton truc !”.

Il a raison sur le papier, mais je n’ai jamais dit que je le ferais seul !

Désormais nous pouvons dire que nous sommes bientôt 120, donc comportons-nous comme si nous étions une coopérative et non comme uniquement comme des patrons qui doivent remplir leur carnet de commandes.

Ce qu’il nous manque à ce jour

Si l’on souhaite véritablement créer une coopérative (et pourquoi pas une SCOP), il faudra mettre au point des méthodes de travail, de suivi qualité, un contrôle des travaux, des plannings de travail (suppléant, décalage horaire), évaluer tous nos processus et pourquoi pas faire certifier notre démarche selon une norme de type ISO.

Si nous devons aborder les grandes entreprises et le Service Public, je souhaite que notre image de marque soit la meilleure possible et corresponde à des hauts degrés de qualité.

En attendant, certains d’entre nous éprouvent des difficultés (d’ordre personnel, financier, de compétences à acquérir). Je m’adresse à eux et au nom des autres : nous ne laissons jamais l’un des nôtres au bord du chemin.

S’il y avait des points clés à mettre en évidence dans notre future charte :

  • Loyauté
  • Fidélité
  • Tempérance
  • Fraternité
  • Et bien entendu : amour de notre télétravail !

N’hésitez pas à me contacter, car il est important que chacun dispose du même niveau d’information et qu’il puisse apporter son avis, sa contribution.

C’est en aidant les autres, qu’on s’aide soi et le groupe.

Remerciements :

  • Delphine STEIN, qui m’aide à développer le SEED
  • Abdelghani BOUDAAKKAR, Monazina, pour ses conseils concernant le SEO.
  • Jean-Michel HOUSSAY, La Plume Alerte, pour m’avoir relu.
  • Et aux membres de l’association.

Publié par

Cyril SLUCKI

Pionnier dans le domaine du télétravail en France, Cyril a rédigé "Télétravail : les clés de la réussite". Il anime des actions de formation visant à assister les chercheurs d'emploi et les télétravailleurs indépendants dans l'élaboration et le développement de leurs projets.